Lorsqu’un projet de bébé tarde à se concrétiser, les questions autour de la fertilité concernent souvent d’abord la femme. Pourtant, la fertilité est une affaire de couple et une difficulté à concevoir peut également avoir une origine masculine, ou associer plusieurs facteurs chez les deux partenaires.
Chez l’homme, le sujet est parfois difficile à aborder. Beaucoup attendent longtemps avant d’en parler, soit parce qu’ils ne ressentent aucun symptôme particulier, soit parce qu’ils associent encore à tort fertilité, virilité et performances sexuelles. Or, une baisse de fertilité peut parfaitement exister avec une libido normale, des érections satisfaisantes et une vie sexuelle sans difficulté.
Alors, quand faut-il réellement consulter ? Quels signes ou antécédents doivent alerter ? Et que se passe-t-il lors d’un premier bilan ? Voici les principaux repères à connaître.
L’infertilité masculine donne-t-elle forcément des symptômes ?
Non. C’est même l’un des points importants à comprendre : une infertilité masculine peut être totalement silencieuse.
La qualité du sperme ne se devine pas à l’œil nu et un homme peut se sentir parfaitement en bonne santé tout en présentant un nombre réduit de spermatozoïdes, une mobilité insuffisante ou d’autres anomalies susceptibles de diminuer les chances de conception.
À l’inverse, constater un symptôme ou avoir un antécédent particulier ne signifie pas automatiquement être infertile. Ces éléments constituent surtout des raisons d’en parler avec un professionnel de santé afin de déterminer si des examens sont utiles.
Après combien de temps sans grossesse faut-il consulter ?
En pratique, une consultation pour infertilité est généralement envisagée après environ 12 mois de rapports sexuels réguliers sans contraception et sans grossesse.
Il ne s’agit toutefois pas d’une règle absolue. Il peut être pertinent de consulter plus tôt lorsqu’il existe des facteurs de risque connus chez l’un des partenaires, lorsque l’âge maternel incite à ne pas attendre ou lorsqu’un problème de santé pouvant affecter la fertilité est déjà identifié.
Autrement dit, inutile de vivre le cap des douze mois comme un chronomètre rigide. Le bon moment dépend aussi de l’âge du couple, des antécédents médicaux et du contexte.
Pour comprendre les situations pouvant être en cause, Planète Papa propose notamment un dossier consacré aux principales causes de l’infertilité masculine, qui permet de faire le point sans réduire la question à la seule qualité du spermogramme.
10 signes ou situations qui doivent pousser un homme à consulter
1. Un antécédent de testicule non descendu
La cryptorchidie correspond à un testicule qui n’est pas descendu normalement dans le scrotum pendant l’enfance. Même lorsqu’elle a été prise en charge, elle fait partie des antécédents qu’il est important de signaler lors d’un bilan de fertilité.
Elle ne signifie pas qu’un homme sera infertile, mais elle peut justifier une évaluation plus précoce lorsqu’un projet parental débute ou lorsque la grossesse tarde à arriver.
2. Une torsion testiculaire ou un traumatisme important
Une ancienne torsion du testicule, un traumatisme sévère ou certaines interventions chirurgicales de la région génitale ou inguinale sont également des informations importantes pour le médecin.
Tout événement susceptible d’avoir affecté les testicules ou les voies qui transportent les spermatozoïdes mérite d’être mentionné, même s’il remonte à l’adolescence.
3. Une douleur, une masse ou une modification au niveau des testicules
Une douleur persistante, une sensation de lourdeur, une augmentation de volume ou une masse dans le scrotum doivent conduire à consulter indépendamment même de tout projet de bébé.
Dans le contexte de la fertilité, le médecin peut notamment rechercher certaines anomalies telles qu’une varicocèle, c’est-à-dire une dilatation des veines situées autour du testicule. Toutes les varicocèles n’entraînent pas d’infertilité et leur prise en charge dépend de la situation.
L’objectif n’est donc pas de s’auto-diagnostiquer devant son miroir, mais de ne pas banaliser une modification inhabituelle.
4. Des troubles persistants de l’érection ou de l’éjaculation
Avoir ponctuellement une panne sexuelle n’est évidemment pas synonyme d’infertilité. En revanche, des troubles de l’érection persistants, une difficulté à éjaculer, une absence d’éjaculation ou certains troubles de l’éjaculation peuvent rendre la conception plus difficile et méritent une consultation.
Ils peuvent avoir des causes très différentes : psychologiques, hormonales, neurologiques, vasculaires, médicamenteuses ou liées à une autre maladie.
Là encore, fertilité et sexualité ne doivent pas être confondues, mais certaines difficultés sexuelles peuvent avoir un impact direct sur les possibilités de conception.
5. Des antécédents d’infections sexuellement transmissibles
Certaines infections de l’appareil génital peuvent avoir des conséquences sur la fertilité masculine, notamment lorsqu’elles ont provoqué une inflammation ou une atteinte des voies génitales.
Un antécédent d’IST n’est pas synonyme d’infertilité. Il doit simplement être signalé au médecin lors du bilan, comme les autres éléments du parcours médical.
6. Une chimiothérapie, une radiothérapie ou certains traitements médicaux
Certains traitements peuvent affecter temporairement ou durablement la production de spermatozoïdes. C’est notamment un sujet important pour les hommes ayant été traités pour un cancer.
Dans certaines situations, une conservation de spermatozoïdes peut être proposée avant un traitement potentiellement gonadotoxique. Si le traitement appartient déjà au passé, un spécialiste pourra évaluer la situation actuelle.
Les traitements hormonaux et l’usage de testostérone ou de stéroïdes anabolisants doivent également être signalés. La prise de testostérone exogène peut perturber la production naturelle de spermatozoïdes.
7. Une baisse inhabituelle de la libido ou d’autres signes hormonaux
La fertilité masculine dépend en partie d’un fonctionnement hormonal correct. Une chute durable du désir sexuel, associée à d’autres manifestations comme une fatigue inhabituelle ou certaines modifications corporelles, peut parfois conduire le médecin à rechercher un trouble hormonal.
Ces symptômes sont très peu spécifiques et peuvent avoir de nombreuses autres causes. Ils ne permettent donc absolument pas de conclure soi-même à un problème de fertilité.
8. Des difficultés à concevoir lors d’une précédente relation
Un parcours reproductif antérieur peut apporter des informations utiles. Un homme qui a déjà rencontré des difficultés à concevoir dans une autre relation peut avoir intérêt à en parler rapidement au médecin.
Inversement, avoir déjà eu un enfant ne garantit pas que la fertilité soit restée identique plusieurs années plus tard. L’âge, certaines maladies, traitements ou changements de mode de vie peuvent faire évoluer la situation.
9. Une exposition importante à certains facteurs professionnels ou environnementaux
Certaines expositions professionnelles à la chaleur, aux solvants, pesticides ou autres substances potentiellement toxiques pour la reproduction font




