Le jeu en ligne français a passé un cap assez discret : près d’un cinquième de l’argent brassé par le secteur transite désormais par un écran. Les données publiées par l’Autorité nationale des jeux en 2026 racontent une année 2025 solide, un été de Coupe du monde spectaculaire et des joueurs qui changent doucement d’habitudes.
Un segment en ligne qui pèse presque un cinquième du marché
L’ANJ a sorti son bilan le 16 avril 2026. Le marché total atteint 14,1 milliards d’euros de produit brut des jeux sur 2025, en progression de 3 % sur un an. Le produit brut, c’est ce que les opérateurs conservent une fois les gains reversés aux joueurs. La marge de la maison, en somme.
En ligne, le compteur affiche 2 617 millions d’euros. La croissance tourne autour de 8,5 %, ou 8,6 % selon que l’on lit le texte du bilan ou le tableau annexé au même document. Ce segment représente 18,5 % du marché total, contre 12,8 % en 2019.
Trois familles de jeux disposent d’un agrément en ligne dans l’Hexagone : paris sportifs, paris hippiques et poker. Les jeux de casino restent hors de ce périmètre, et les joueurs curieux passent donc pas mal de temps sur des comparatifs avant de choisir où s’inscrire. Un classement du meilleur casino en ligne France sert surtout à ça : mettre côte à côte les catalogues de jeux, les délais de retrait et les conditions de bonus. Comparer avant de déposer est devenu un réflexe très répandu.
Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de l’ANJ, résume l’année en cours d’une phrase : « 2026 se présente comme une année décisive pour l’ensemble du marché des jeux d’argent. » Le régulateur voit arriver de nouveaux entrants, des rachats à digérer et une concurrence plus vive entre opérateurs.
Le pari sportif tient la corde
1 766 millions d’euros de produit brut pour le pari sportif en ligne en 2025, en hausse de 10,4 %. Les mises grimpent de leur côté à 11 517 millions, soit 12 % de plus qu’en 2024. Le détail savoureux : cette année-là n’offrait ni Euro ni Jeux olympiques, et le segment a quand même avancé.
Le football garde une avance confortable, mais la répartition des mises réserve deux ou trois surprises.
- Le football concentre 6 320 millions d’euros de mises, plus que tous les autres sports réunis.
- Deuxième moteur du segment, le tennis pèse 2 650 millions, un niveau que peu de gens lui prêtent spontanément.
- Nouveau format oblige, la Ligue des champions a vu ses mises bondir de 41 % en une saison.
Le tennis à ce niveau, c’est le chiffre que personne ne cite en soirée. Des tournois presque toute l’année, des matchs à toutes les heures, des marchés simples à lire : le sport coche beaucoup de cases pour un parieur pressé. Le football reste roi, évidemment.

L’été du Mondial, version chiffres
Entre le 11 juin et le 19 juillet, les parieurs français ont engagé plus de 1,3 milliard d’euros sur la Coupe du monde. L’ANJ a publié ce bilan le 23 juillet et le montant dépasse largement le double de l’édition 2022, qui s’était arrêtée à 597 millions. Le produit brut a suivi la même pente : 157 millions d’euros, contre 70 millions quatre ans plus tôt.
3,1 millions de personnes ont parié pendant le tournoi, dont près d’un million de nouveaux venus, pour environ 113 millions de paris répartis sur 104 rencontres. La demi-finale entre la France et l’Espagne, le 14 juillet, a battu le record de mises sur un seul match depuis 2010 avec 63 millions d’euros. L’ancienne référence, la finale de 2022 entre la France et l’Argentine, plafonnait à 51 millions.
Un match, 63 millions. Difficile de mieux illustrer l’effet Bleus.
Les opérateurs, eux, n’ont pas regardé passer le train : environ 150 millions d’euros de marketing et d’offres commerciales sur les deux mois de compétition, selon le régulateur.
Poker et paris hippiques, les seconds rôles qui bougent
Le poker en ligne a retrouvé de l’allant, avec 525 millions d’euros de produit brut et une hausse de 6,5 %. Le vrai signal se niche ailleurs : les comptes actifs progressent de 16,5 % pendant que le panier moyen recule de 8,6 %. Plus de monde autour de la table, des tickets plus légers. Les paris hippiques suivent une trajectoire voisine, en plus tranquille.
Voici les trois segments côte à côte, tels que l’ANJ les a chiffrés pour 2025.
| Segment | Produit brut 2025 | Évolution sur un an | Comptes joueurs actifs |
| Paris sportifs | 1 766 M€ | hausse de 10,4 % | 5,27 millions |
| Poker | 525 M€ | hausse de 6,5 % | 2,47 millions |
| Paris hippiques | 326 M€ | hausse de 2,4 % | 718 000 |
Qui joue, et comment
4,2 millions de joueurs uniques fréquentaient les sites agréés en 2025, en progression de 7,7 %, pour 6,1 millions de comptes actifs. L’écart entre les deux chiffres raconte déjà quelque chose : beaucoup de gens détiennent plusieurs comptes chez plusieurs opérateurs.
Trois habitudes ressortent nettement du bilan annuel.
- La multiactivité explose, avec une hausse de 25 % du nombre de joueurs présents sur les trois segments à la fois.
- Côté budget, un compte de paris sportifs mise en moyenne 2 186 euros sur l’année, pour 335 euros de produit brut.
- Poker et turf attirent des profils plus occasionnels, leurs paniers moyens reculant de 8,6 % et 5,2 %.
2 186 euros par an, cela représente environ 180 euros de mises par mois pour un compte moyen. Une moyenne écrase toujours les extrêmes, et la réalité de chacun s’en éloigne beaucoup. L’ordre de grandeur aide quand même à se situer.

Ce qui a changé du côté des règles
Février 2026 a apporté une nouveauté que peu de joueurs ont vue passer. Un décret du 4 février lance une expérimentation de trois ans sur les JONUM, ces jeux à objets numériques monétisables bâtis pour l’essentiel sur la blockchain. Le cadre reste plus léger que celui des jeux d’argent classiques, mais il existe.
Si vous ouvrez un compte sur ce type de plateforme, quelques étapes vous attendent.
- Vérification de votre identité et de votre majorité avant même la création du compte.
- Vous fixez une limite de dépenses sur sept jours et une limite de temps de jeu, obligatoirement, avant de commencer.
- Aucun gain en euros : la loi n’autorise que des objets numériques et des récompenses accessoires plafonnées.
- L’entreprise, de son côté, doit se déclarer auprès de l’ANJ avant de proposer son offre au public.
Le Parlement a par ailleurs renforcé la protection des 18 à 25 ans, en encadrant leur capacité à relever eux-mêmes les modérateurs de jeu proposés par les opérateurs. Sur les sites agréés, les outils habituels restent à portée de clic : limites de dépôt, limites de mises, auto-exclusion via le fichier tenu par l’autorité.
Réglez-les au moment de l’inscription, pendant que la tête est froide. Cinq minutes, une bonne fois.




