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Masturbation et testostérone : mythe tenace ou réalité scientifique ?

Masturbation et testostérone

S’il y a bien une peur qui revient systématiquement dès que l’on parle de masturbation masculine, c’est celle-ci : “Est-ce que je suis en train de faire baisser ma testostérone ?”

Je l’ai longtemps crue, moi aussi.
Parce qu’on m’a répété que la testostérone, c’était la force, la motivation, la libido, l’énergie. Et que chaque éjaculation ressemblait à une petite fuite hormonale dont on ne parlait jamais vraiment.

Alors j’ai fait ce que je fais désormais dès qu’un sujet m’interpelle :
j’ai arrêté d’écouter les idées reçues, et je suis allé voir ce que dit réellement la science.


Spoiler alerte / à retenir absolument

✔️ La masturbation ne fait pas baisser durablement la testostérone
✔️ Les variations hormonales post-orgasme sont temporaires
✔️ L’abstinence n’augmente pas la testostérone sur le long terme
✔️ La production hormonale dépend surtout du mode de vie
✔️ La fatigue ressentie n’est pas hormonale, mais nerveuse


Pourquoi la testostérone obsède autant les hommes ?

La testostérone est devenue, presque malgré elle, le symbole ultime de la virilité moderne. On lui attribue tout :

  • l’énergie physique
  • la masse musculaire
  • la confiance en soi
  • la libido
  • la performance sexuelle

Résultat : tout ce qui touche de près ou de loin à la sexualité masculine est immédiatement soupçonné d’en faire baisser le niveau. Et la masturbation se retrouve en première ligne.


Masturbation et testostérone : que dit vraiment la science ?

La réponse courte est simple : la masturbation ne fait pas baisser durablement la testostérone.

Mais comme le sujet mérite mieux qu’une phrase définitive, entrons dans le détail.


Les variations hormonales après l’éjaculation : un phénomène temporaire

Plusieurs études ont analysé les variations hormonales après une éjaculation, qu’elle soit liée à un rapport sexuel ou à la masturbation.

Une étude publiée dans The Journal of Endocrinology a montré que :

  • la testostérone peut connaître de légères fluctuations après l’orgasme
  • ces variations sont courtes, transitoires et sans impact durable
  • le taux revient rapidement à son niveau de base

Autrement dit :
il n’existe aucune chute chronique de testostérone liée à la masturbation.


Abstinence et testostérone : la fameuse hausse temporaire

Un autre argument souvent avancé est le suivant :
“Si je m’abstiens, ma testostérone augmente.”

C’est partiellement vrai… mais souvent mal interprété.

Une étude chinoise publiée dans The Journal of Zhejiang University a observé qu’après environ 7 jours d’abstinence, certains hommes présentaient un pic temporaire de testostérone.

Mais deux points essentiels sont souvent oubliés :

  • ce pic est ponctuel, pas cumulatif
  • il retombe ensuite à la normale, même sans éjaculation

Aucune étude ne montre qu’une abstinence prolongée entraîne une augmentation durable de la testostérone.


Masturbation régulière et production hormonale

Les données issues du National Institutes of Health (NIH) indiquent que :

  • la production de testostérone est principalement régulée par l’axe hypothalamo-hypophyso-testiculaire
  • elle dépend surtout du sommeil, de l’alimentation, du stress et de l’âge
  • l’activité sexuelle, masturbation comprise, n’altère pas cet équilibre hormonal

C’est un point clé :
la testostérone n’est pas un réservoir que l’on vide, mais une hormone produite en continu.


Pourquoi a-t-on pourtant l’impression de “moins d’énergie” ?

C’est souvent là que la confusion s’installe.

Après une masturbation, beaucoup d’hommes ressentent :

  • un apaisement
  • une baisse de tension
  • parfois une envie de repos

Ce phénomène est lié à la libération de prolactine, une hormone associée à la satiété sexuelle et à la relaxation, comme l’explique une revue publiée dans Neuroscience & Biobehavioral Reviews.

Ce ressenti est souvent interprété à tort comme :

  • une baisse de testostérone
  • une perte de virilité
  • une fatigue hormonale

Alors qu’il s’agit simplement d’un changement d’état physiologique temporaire.


Masturbation, testostérone et performance physique

Chez les hommes sportifs, la peur est encore plus présente.

Pourtant, une étude publiée dans The Journal of Sports Medicine and Physical Fitness a conclu que :

  • l’activité sexuelle ou masturbatoire n’impacte pas la force
  • elle n’altère pas l’endurance
  • elle n’affecte pas la coordination motrice

Les facteurs réellement délétères pour la testostérone sont bien connus :

  • manque de sommeil
  • stress chronique
  • surentraînement
  • alimentation déséquilibrée

Pas la masturbation.


Pourquoi cette idée reçue persiste-t-elle ?

Parce qu’elle coche plusieurs cases puissantes :

  • héritage culturel et religieux
  • vision ancienne du sperme comme “force vitale”
  • obsession moderne de la performance masculine
  • confusion entre fatigue mentale et déséquilibre hormonal

On retrouve d’ailleurs ces croyances dans les discours populaires autour des habitudes de masturbation des Français, souvent accompagnés de jugements moraux ou de raccourcis biologiques


Ce que j’ai personnellement compris avec le temps

Avec le recul, je me suis rendu compte d’une chose très simple :

Quand je dors mal, que je suis stressé ou surmené,
je cherche un responsable immédiat.

Et la masturbation devient un coupable idéal.

En réalité, la testostérone est bien plus sensible :

  • à mes nuits trop courtes
  • à mon niveau de stress
  • à mon hygiène de vie globale

Pas à ma sexualité en elle-même.


Pour finir

La masturbation n’est ni un sabotage hormonal, ni un acte qui affaiblit la masculinité.
La science est claire, cohérente et rassurante : elle n’altère pas la testostérone sur le long terme.

Ce qui affaiblit réellement les hommes aujourd’hui, ce n’est pas leur sexualité.
C’est le manque d’informations fiables, et la pression inutile qu’ils se mettent eux-mêmes.

Et si cet article permet de déconstruire ne serait-ce qu’un doute… alors il aura fait exactement ce pour quoi il a été écrit.

Pour une vision globale et documentée du sujet, je te recommande également de lire l’article suivant >>