C’est une question que j’ai entendue dans des vestiaires, sur des forums, et même dans des conversations très sérieuses :
“Avant un match ou une séance importante, est-ce qu’il vaut mieux éviter de se masturber ?”
La réponse implicite est souvent la même : oui.
Parce que ça fatiguerait.
Parce que ça ferait baisser la testostérone.
Parce que ça enlèverait de l’agressivité ou de l’énergie.
Et pourtant, plus je me suis renseigné, plus je me suis rendu compte que cette croyance repose davantage sur des traditions sportives que sur des faits scientifiques.
D’où vient l’idée qu’il faut s’abstenir avant le sport ?
Cette croyance est ancienne. Très ancienne.
On la retrouve :
- chez les boxeurs
- dans certains arts martiaux
- dans le football
- dans la musculation
- dans le sport amateur comme professionnel
L’idée est simple :
l’énergie sexuelle serait une énergie qu’il faudrait “conserver” pour la performance physique.
Une vision héritée de conceptions très anciennes du corps masculin, où le sperme était vu comme une substance rare et précieuse.
Problème : la physiologie moderne ne valide pas cette vision.
Ce que disent les études sur masturbation et performance physique
Aucune baisse mesurable de la force ou de l’endurance
Une étude publiée dans The Journal of Sports Medicine and Physical Fitness a analysé l’impact de l’activité sexuelle sur les performances physiques. Les résultats sont clairs :
- aucune diminution significative de la force musculaire
- aucun impact sur l’endurance
- aucune altération de la coordination ou des réflexes
Que l’éjaculation ait lieu via un rapport sexuel ou une masturbation, les conclusions restent les mêmes.
Se masturber n’affaiblit pas le corps avant un effort sportif.
Testostérone et sport : un faux lien
Comme détaillé dans l’article dédié à la testostérone, les variations hormonales après une éjaculation sont :
- temporaires
- minimes
- sans impact sur la capacité physique
Les publications du National Institutes of Health (NIH) rappellent que les principaux facteurs influençant la testostérone sont :
- le sommeil
- le niveau de stress
- l’intensité de l’entraînement
- la récupération
Pas la masturbation.
Masturbation et agressivité sportive : une idée reçue
Certains sportifs affirment se sentir “moins agressifs” après une éjaculation.
Ce ressenti existe parfois, mais il est souvent mal interprété.
Après une masturbation, le corps active davantage le système nerveux parasympathique, responsable :
- du calme
- de la détente
- de la diminution de la tension nerveuse
Pour certains sports très explosifs ou de combat, cette détente peut être perçue comme une perte de tranchant.
Mais les études montrent que :
- la concentration n’est pas diminuée
- les capacités physiques restent intactes
- l’effet est surtout psychologique
Quand la masturbation peut, au contraire, aider le sportif
C’est un point rarement évoqué, et pourtant documenté.
Des travaux en psychologie du sport indiquent que la masturbation peut :
- réduire l’anxiété pré-compétition
- diminuer la pression mentale
- améliorer la qualité du sommeil avant un effort
Pour les sportifs sujets au stress, cette détente peut être un avantage, pas un handicap.
La vraie variable clé : le timing et le contexte
Ce que j’ai compris avec le temps, c’est que la question n’est pas “faut-il se masturber ou non”, mais :
- quand
- pourquoi
- dans quel état mental
Une masturbation :
- tardive
- associée à un manque de sommeil
- suivie d’une récupération insuffisante
peut évidemment nuire à la performance.
Mais dans ce cas-là, le problème n’est pas la masturbation.
C’est l’hygiène de vie globale.
Mon expérience personnelle avec sport et masturbation
J’ai connu les deux situations.
Des séances de sport où je me sentais parfaitement en forme après une masturbation la veille.
Et d’autres où je me sentais plus mou… parce que j’avais mal dormi, mangé trop tard, ou accumulé trop de fatigue.
La masturbation était la variable la plus facile à incriminer.
Mais rarement la bonne.
Ce que disent les études, en résumé
✔️ La masturbation n’affecte pas la force ni l’endurance
✔️ Elle ne fait pas baisser la testostérone de manière significative
✔️ Elle peut réduire l’anxiété avant un effort
✔️ Le sommeil et la récupération sont bien plus déterminants
✔️ Les effets perçus sont souvent psychologiques
Pour replacer ces éléments dans une approche globale et documentée, je recommande la lecture de notre guide complet sur la masturbation masculine.
Conclusion
Il n’existe aucune règle universelle imposant l’abstinence avant le sport.
La science est claire : la masturbation ne diminue pas les capacités physiques.
Ce qui compte réellement pour la performance, ce sont :
- la récupération
- le sommeil
- la gestion du stress
- la constance de l’entraînement
Et comme souvent, faire confiance à son propre ressenti, plutôt qu’à des mythes hérités des vestiaires, reste la meilleure stratégie.



